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dimanche 1 mars 2026 12:00
dimanche, 1 mars 2026, 12:00
Témoignage de participants bulgares au Festival de la martenitsa à Bruxelles
PHOTO : Daniéla Goléminova
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Pour la quatrième année consécutive, le Festival de la martenitsa s'est déroulé le 22 février à Bruxelles, avec la participation de trois pays : la Bulgarie, la Roumanie et la Moldavie. Cette fois-ci, c'est la Roumanie qui a parrainé l'événement, et a présenté un riche programme folklorique. Pour leur part, les participants bulgares ont exposé dans la capitale belge des pièces uniques tricotés "triple fil"sur le thème du printemps, nous apprend dans son reportage Daniéla Goléminova.
PHOTO : Daniéla Goléminova
Le Hall des Marbres de l'Université libre de Bruxelles, où se tenait le festival, plusieurs stands proposaient à profusion des martenitsa, des peintures, des bijoux artisanaux, des vins de différents terroirs et des friandises. Comme toujours, l'Association culturelle bulgare en Belgique était parmi les organisateurs de l'événement, dont la présidente Tanya Stanéva, évoque la participation bulgare :
PHOTO : Daniéla Goléminova
"Á partir de midi, ont commencé les chants, les morceaux d’orchestre, les danses et les exposés sur les traditions de chaque pays. De nombreux stands exposaient des martenitsa. Chaque pays avait présenté le meilleur de ses traditions. La nouveauté que nous avons cette année, c’est des produits tricotés à la main en maille serrée : hirondelles, une cigogne, une Baba Marta et ses petits-enfants, garçons et filles, tous "single crochet". On n’arrête pas de nous demander si ces objets sont à vendre. Non, ils ne sont pas à vendre. C'est le trésor de l'Association culturelle bulgare. Les Roumains ont apporté des bijoux d’artisans très particuliers, des douceurs, des tableaux. Les Moldaves sont venus avec leur vin. L'ambiance est survoltée ici. Dans un an, ce sera le tour de la Bulgarie de patronner le festival et sous peu nous nous pencherons sur le concept de l’événement. Cette année, notre programme était relativement court. Avec la participation des enfants de l’ensemble folklorique "Ha tropnete" d'Anvers, et de ceux de l'école du dimanche à Bruxelles "Ran Bosilek", qui ont interprété les rôles de Pijo et Penda (les poupées en fil de laine sur la martenitsa). Baba Marta nous a également honoré de sa présence pour narrer au public la légende de la martenitsa. Tout le monde a passé un moment très agréable", nous a confié Mme Stanéva.
PHOTO : Daniéla Goléminova
Les petits Bulgares de l’ensemble folklorique d'Anvers "Ha tropnete" (Allez, taper du pied), sous la direction d’Alexandrina Radéva, ont interprété quelques-unes des danses traditionnelles bulgares les plus emblématiques.
"Les enfants étaient passionnés car cette année il y avait beaucoup de monde. L’ambiance était solennelle. Ils ont présenté deux danses folkloriques, typiques pour la région Thrace, n’empêche qu’ils connaissent aussi la ratchenitsa et le Daytchovo khoro. De nos jours, ça devient plus ardu de maintenir l'intérêt des enfants pour le folklore, d’autant plus qu’ici ils ne dansent qu'une fois par semaine, et pourtant ils sont unis par l’amitié. Ce n’est pas la première fois qu’il participent à un concert, ils en raffolent même. Ils sont bien préparés pour monter sur scène. Toujours très émus quand y a beaucoup de monde et des applaudissements", explique Alexandrina Radéva.
PHOTO : Daniéla Goléminova
Le festival a particulièrement enthousiasmé les enfants. Comme chaque année, des ateliers de confection de martenitsa étaient à leur disposition. Les plus habiles y parvenaient seuls, tandis que d’autres tricotaient avec l'aide de leur mère, de leur grand-mère ou de bénévoles de l'Association culturelle bulgare.Mladenka Todorova est l'une des bénévoles qui ont fait la démonstration de différentes techniques de fabrication de martenitsa.
PHOTO : Daniéla Goléminova
"Chaque année sans exception, dans l'atelier, nous fabriquons des martenitsa. Nous expliquons la symbolique du fil blanc et rouge. On se sert d’un crochet. On montre aux enfants des techniques héritées de nos grands-mères : comment faire des pompons, comment tresser les fils, les symboles sous-jacents… Les enfants s'appliquent à la tâche et ont vraiment envie d'y arriver. Et ils sont très heureux quand ils voient quelque chose sortir de leurs petites mains. Voir briller la joie dans leurs yeux, comme ça fait plaisir", confesse Mme Todorova.
"Je n'ai fait que deux martenitsa. Elles ne m’ont pas plu, mais c'est la première fois. Au début, c'est difficile d’apprendre les tresses, mais après ça devient aisé", partage son expérience la petite Mira.
"Je préfère acheter des martenitsa toutes faites", nous confie Mike. Il sait que les martenitsa sont produites de fil blanc et rouge : "Ma grand-mère en confectionne et le 1e mars, j’arbore toujours une martenitsa", ajoute-t-il.
PHOTO : Daniéla Goléminova
"Enseigner les traditions aux enfants, c’est capital, puisque beaucoup d'entre eux sont nés de mariages mixtes. Bon nombre d'entre eux sont nés en Belgique et si nous, mères et grands-mères, ne leur transmettons pas les traditions, ils ne les connaîtront jamais", affirme une de nos compatriotes, et nous raconte comment elle avait elle-même rapporté une centaine de martenitsa de Bulgarie pour en faire cadeau le 1e mars à ses amis et connaissances de son quartier bruxellois, comme le veut la tradition dans sa Bulgarie natale.
Édition : Daniéla Goléminova
Version française : Ivan Batalov
Chargé de publication : Ivan Batalov