Auteur :
Guergana Mantchéva
Actualité
mercredi 11 mars 2026 13:00
mercredi, 11 mars 2026, 13:00
Les experts du marché anticipent une inflation galopante au 2e trimestre 2026
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L'escalade de la guerre au Moyen-Orient a provoqué une onde de choc sur les marchés de l'énergie et fait craindre des perturbations prolongées de l'approvisionnement. Preuve éloquente de cette situation : à l'ouverture des marchés le lundi 9 mars 2026, les contrats à terme sur le gaz naturel en Europe ont bondi de 30 % pour dépasser les 69 €/Mwh. C’est le niveau le plus élevé depuis début 2023, indice d’une aggravation de la crise, après la hausse de 67 % des prix du gaz enregistrée la semaine précédente.
Les marchés du gaz européens sont plus vulnérables en fin d'hiver, les stocks de gaz de l'UE étant largement épuisés, ce qui signifie qu'il faudra acheter davantage de GNL pour reconstituer les approvisionnements. Pour sa part, la Russie a menacé, la semaine dernière, d’arrêter les exportations de gaz pour l’Europe.
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"La hausse des prix du gaz nous affectera également, mais pas autant que dans d'autres pays dépendants des importations de gaz naturel, tant pour l'industrie que pour les ménages", a déclaré l’économiste et financier réputé bulgare Roumen Galbinov lors d’une interview accordée à Radio Bulgarie. Il a rajouté : "La Bulgarie fait désormais partie de la zone euro, c’est-à-dire que depuis le début de l'année, nous nous sommes alignés en matière de politique monétaire sur celle des autres pays. Pour 2026, la Commission européenne a prévu un ambitieux démarrage de réformes dans les économies de l'UE et la zone euro dans l'objectif d’une croissance économique plus soutenue en Europe et d'accroître la compétitivité des économies européennes, afin de peser face aux économies des États-Unis et asiatiques. Sauf que pendant les 10 derniers jours, il y a eu un changement de perspective vers les points chauds, et le conflit en Iran a notamment rendu volatiles les prix du pétrole brut. Le Brent, par exemple, se négocie désormais sans exceptions au-dessus de 80 dollars le baril. Les contrats sur le gaz naturel ont presque doublé par rapport au mois dernier. Si les hostilités se prolongent encore, cela va impacter non seulement l'Europe, mais aussi les économies asiatiques. Or, celles-ci seront plus désavantagées que les nôtres, à savoir la Chine, l'Inde et la Corée du Sud, qui sont les leaders de cette région, et elles en subiront également des désagréments."
L’expert prévoit une hausse plus importante des prix de l'essence et du diesel ; les contrats à terme sur le pétrole et le gaz naturel attestent d’une tendance qui aura des incidences sur les prix du marché au cours des 3 à 6 prochains mois.
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"La Bulgarie dispose, au niveau de son bouquet énergétique, de capacités d'équilibrage, notamment pour l'électricité, qui pourraient compenser la flambée du prix du gaz, si l’on réussit à contrebalancer entre sources d’énergie renouvelable, nucléaire et importations. Il est essentiel de bien gérer cet équilibre. Concernant les importations de pétrole brut, notre pays a également la possibilité de compléter par des importations en provenance de la région de la mer Noire. Compter pas seulement sur le pétrole arabe, mais aussi d'autres provenances. L’arrêt des livraisons de gaz naturel liquéfié du Qatar n’a pas un gros impact direct pour la Bulgarie. Mais les effets de la crise se feront également sentir dans notre pays : une hausse progressive et inévitable de l'inflation s'ensuivra. Si le premier trimestre de l’année l’inflation restait dans le cadre fixé par la BCE, il est difficile de faire des pronostics pour l’avenir."
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Toujours vigilants sur les prix en Bulgarie, les syndicats signalent une hausse de 13 % du coût des carburants à la pompe. "La relation mathématique est la suivante : une augmentation de 10 % du prix du carburant entraîne une hausse de 1 % de l'inflation", fait un résumé de ses calculs Atanas Katsartchev, expert en économie à KT "Podkrepa".
"Á présent, il serait logique de nous attendre à une hausse des prix, avec pour toile de fond un budget défaillant et l'incertitude supplémentaire qui plane sur la position de la Bulgarie dans le conflit en cours et les signaux discordants de nos politiciens. Si, par hasard, notre petit pays venait à ne plus pouvoir compter sur un approvisionnement régulier en pétrole, quels seront les plans de secours mis en œuvre par le gouvernement et comment réagira-t-il ? On craint que les hostilités ne se terminent pas de sitôt. Les conséquences en sont imprévisibles, mais nous serons certainement touchés et nous devons nous y préparer. La question est de savoir comment les revenus des gens seront protégés face à une inflation galopante, qui ne saurait tarder, car les prix de l’essence à la pompe augmentent déjà. La Commission de défense des consommateurs à déjà entrepris des enquêtes, des temps difficiles se profilent à l’horizon. On s’attendait à ce que le cabinet des ministres et l'Assemblée nationale s'en occupent urgemment, mais manifestement ces institutions ont un agenda différent."
Édition : Guergana Mantchéva
Version française : Ivan Batalov