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Les chasseurs d’éclipses bulgares rapportent une belle prise d’Espagne

Les chasseurs d’éclipses bulgares rapportent une belle prise d’Espagne

PHOTO : Chasseurs d'éclipses

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Pour être "chasseur d’éclipses" il faut, certes, avoir des connaissances approfondies en astronomie et être techniquement habile mais aussi faire preuve de beaucoup d’enthousiasme. "Nous avons les avons littéralement poursuivies ! Nous avons fait plus de 250 km en voiture pour trouver un ciel dégagé", explique Gantcho Gantchev, astronome et directeur de l’expédition bulgare qui s’est donné pour mission de photographier ce phénomène astronomique. Son équipe est composée de Hristo Iliev, tout en travaillant dans le secteur bancaire, s’occupe d’astronomie dès son enfance et ne cesse de parcourir le monde depuis 1999 pour pour prendre des photos des éclipses, et Tsetoslav Nikolov, 29 ans, ingénieur logiciel pour qui les éclipses sont "la seule chose à lui apporter le spectre complet des émotions" dont une personne est capable :

"Brusquement, la pénombre s’installe et on est envahi par un sentiment d’insécurité. On ne sait pas où l’on se trouve et si on observe quelque chose de réel. Cela explique pourquoi les anciens la voyait comme un signe des dieux augurant un futur événement. C’est compréhensible car ce phénomène est extrêmement rare et quand on vit à un seul endroit, on n’a d’habitude la chance de l’observer qu’une seule fois."

Gantcho Gantchev et Hristo Iliev

Gantcho Gantchev et Hristo Iliev

PHOTO : Radio Bulgarie

Pour photographier l’éclipse solaire le 12 août, les trois Bulgares se rendent en Espagne. "Nous cherchions à nous positionner dans le centre du pays", indique Gantcho Gantchev, et d’ajouter :

"Nous avions choisi environ 5 ou 6 lieux alternatifs mais nous avons pris les photos depuis un château du 13e siècle perché sur un mont où l’on avait une vue parfaite à 360 degrés. Bien sûr, nous n’étions pas les seuls! La plupart des photographes étaient venus avec un trépied et un appareil photo, le reste étaient des amateurs qui profitaient du moment équipés d'une chaise et des lunettes."


Les chasseurs d’éclipses bulgares rapportent une belle prise d’Espagne

PHOTO : Chasseurs d'éclipses

Les chasseurs d’éclipses utilisent des appareils photo hauts de gamme, des objectifs, un télescope et des ordinateurs, mais Gantcho Gantchev exprime des réserves par rapport à l’IA. D’après lui, "elle est une bonne solution en tant qu’aide, pour planifier le processus". Il fait allusion aux images cinématographiques: bien que belles, elles sont loin de la réalité. En effet, les clichés astronomiques des chasseurs d’éclipses rappellent ceux qui sont publiés dans les revues scientifiques et les plateformes officielles du NASA. Chaque photo est d’ailleurs unique et irréplicable, affirme Gantchev.   

"Cette éclipse se produisait bas au-dessus du horizon. Il peut arriver qu’elle se déroule tôt le matin ou bien haut dans le ciel. La couronne solaire change elle-même en fonction du cycle du soleil et son activité. Les éruptions, ce qu’on appelle les protubérances, ne sont pas les mêmes et changent chaque minute. Même la vue autour du ciel et chaque ombre sont différentes, chaque éclipse est donc tout à fait incomparable aux autres et pas seulement sur les photos."


Les chasseurs d’éclipses bulgares rapportent une belle prise d’Espagne

PHOTO : Chasseurs d'éclipses

Les chasseurs d’éclipses bulgares sont séduits aussi par le vécu lui-même. Tsvétoslav Nikolov, le plus jeune du groupe, s’exclame : "A parler franchement, lors d’un tel événement, je déconnecte totalement et je ne pense pas aux photos. C’est tellement extraordinaire qu’à la fin on pense à l’éclipse prochaine et on est impatient de la revivre de nouveau.

Dernière phase de l'éclipse, le soleil se couche

Dernière phase de l'éclipse, le soleil se couche

PHOTO : Chasseurs d'éclipses

Hristo Iliev résume les anomalie naturelles qui accompagne ce phénomène et les raisons qui les provoquent :  

"Les réactions des animaux sont très similaires lors de chaque éclipse solaire. Ils se comportent de manière très étrange parce que les éclipses surviennent en moyenne environ une fois tous les 200 ans au même endroit et ce phénomène n’est pas inscrit dans leur ADN. Ils ne savent pas comment réagir. En voyant qu’il commence à faire nuit, ils se couchent pour dormir mais le soleil émerge de nouveau après 2 minutes, alors ils sont pris de panique. Dans une des vidéos de cette éclipse, on peut voir d’énormes nuées d’oiseaux survoler les gens. Qui plus est, la température baisse brusquement, la densité de l’air change aussi d’un coup, ce qui cause le vent qui apparaît à chaque fois. On l’appelle "eclipse wind", il n’y a pas de terme en bulgare car ces phénomènes sont rares chez nous. En cas de nuages épars, ce vent les disperse et on peut alors voir au moins la phase complète de l’éclipse. Les couleurs environnantes changent également beaucoup : l’herbe n’a plus sa couleur habituelle, la lumière est tamisée, pas si rouge que lors des couchers de soleil, mais plutôt jaune et métallique ce qui modifie les tintes de tout ce qui nous entoure. Et quand commence la phase totale, c’est comme si quelqu’un avait soudain tiré les rideaux : c’est la nuit, les étoiles apparaissent, les planètes deviennent visibles. La constellation où l’éclipse se produit est d’ailleurs différente à chaque fois. A 360 degrés, on peut observer un coucher de soleil orange, comme si le soleil se couchait partout simultanément."


L'anneau de diamant quelques secondes avant la phase totale de l'éclipse

L'anneau de diamant quelques secondes avant la phase totale de l'éclipse

PHOTO : Chasseurs d'éclipses

Comme la prochaine éclipse solaire totale observable depuis le territoire bulgare n’aura lieu que le 3 septembre 2081, ce qui nous reste à nous autres, qui ne planifions pas nos vacances selon ce phénomène astronomique, est d’admirer les oeuvres des spécialistes qui poursuivent les éclipses pour les capturer en photo.  

 Version française : Maria Stoeva